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a [a, ɑ] prép.
Le Robert ÉTYMOLOGIE : Du latin ad, exprimant la direction, le mouvement vers un lieu ou vers une personne : correspond au datif et au génitif classique; par ext., exprime le moyen, la manière, le rapport; d'autres emplois procèdent du latin ab exprimant la séparation, et du latin apud, exprimant l'accomplissement par une forme vulg. abu, d'où ab en roman (Serments de Strasbourg).


Lettre A
à
Préposition (du latin ad. — S'écrit toujours avec un accent grave pour le distinguer de a lettre et de a verbe). L'usage primitive de cette préposition est de marquer un rapport à un terme, la relation d'un objet à un autre : elle exrime le plus souvent ce que les Latins rendaient par leur datif, ou par leur accusatif avec AD.
  • À, en se combinant avec les articles simples le, les, forme les articles contractés AU, AUX : Les grands hommes du dix-septième siècle allaient AU cabaret. (Chamfort)

La moitié des humains vit aux dépens de l'autre. (Destouches)

La préposition À peut avoir pour antécédent un verbe à n'importe quel temps : PENSER À. DESTINÉ À ; un adjectif : UTILE À. FIDÈLE À ; un substantif : MANQUEMENT À l'honneur. FIDÉLITÉ AU devoir ; un adverbe : CONFORMÉMENT À. PARALLÈLEMENT À ; ou une préposition : JUSQU'À. La maison d'À CÔTÉ. Elle peut régir un substantif, précédé ou non de l'article : Conforme À LA LOI. Poudre À CANON ; un pronom : Pensez À NOUS ; un adjectif, précédé ou non de l'article : Saigner À BLANC. Tirer AUCLAIR ; un verbe à l'infinitif : Facile À FAIRE ; un adverbe : À BIENTÔT. La préposition À peut être séparée du verbe qu'elle régit par le complément de ce verbe exprimé par un pronom, accompagnés ou non d'un adverbe, d'une négation : J'aime À ME PROMENER, Bonne À TOUT FAIRE. C'est À NE PAS Y CROIRE. L'ancienne langue admettait même un substantif comme complément entre À et le verbe, et nous avons gardé quelques traces de cette syntaxe : Geler À PIERRE FENDRE. Partir À SON CORPS DÉFENDANT. Enfin, À peut régir une phrase tout entière : Manger À BOUCHE QUE VEUX-TU. À s'emploie très souvent sans antécédent, pour former des locutions adverbiales : À CONTRE-CŒUR, AU FUR ET À MESURE, À L'INFINI, etc. Souvent, aussi, l'antécédent est sous-entendu, et c'est ordinairement un verbe : AU SECOURS ! (venez au secours) ; À VOTRE SANTÉ ! (je bois à votre santé). Il n'est pas nécessaire qu'il y ait exclamation : AUX GRANDS HOMMES la patrie reconnaissante (sous-entendu : a dédié cet édifice). Dans le langage familier, le régime de la préposition À peut être sous-entendu ; c'est ce qui arrive dans quelques termes de jeu : Nous sommes POINT À (point à point).

Les fonctions de À

La principale destination de la préposition À est de marquer un rapport de direction vers un lieu, de tendance vers un but, un terme ou un objet quelconque : Aller À PARIS. L'homme aspire À COMMANDER, À ÊTRE le premier partout et toujours. (Lamenn.) Aucun chemin de fleurs ne conduit à la gloire. (La Fontaine.)

  • À s'emploie surtout devant le complément indirect des verbes transitifs pour marquer le terme de l'action exprimée par le verbe : L'adulateur prête AUX GRANDS les vertus qui leur manquent. (Mass.)
  • À s'emploie aussi avec des verbes qui semblent désigner un rapport tout opposé à celui de tendance, de direction vers un but, et qui expriment, au contraire, extraction, séparation, éloignement : Arracher une dent À QUELQU'UN. Se soustraire AU DANGER.
  • La préposition À est encore susceptible de beaucoup d'autres emplois. Voici les principaux :

À marquant la distance, l'intervalle : De Paris À Londres, il y a quatre-vingt-quinze lieues. À marquant la relation qui existe entre les personnes ou les choses : De vous À moi. Un est À deux comme deux est à quatre. Du tout AU tout. À marquant le lieu, l'endroit, la situation, etc. : La vie est un combat dont la palme est aux cieux. (C. Delavigne.) À marquant le temps, l'époque, etc. : Se lever À six heures. Les écureuils muent AU sortir de l'hiver. À marquant une circonstance, un événement, etc. : À ma mort, il héritera. AU premier coup de canon, la ville capitula. Partir AU premier signal. À marquant un espace de temps, une durée : Payer AU mois. Louer À l'année. Travailler À la journée. À marquant appartenance, possession : Avoir une maison À soi. Rendez À César ce qui est À César. (Quelquefois il forme avec son complément un pléonasme qui marque encore plus énergiquemcnt l'idée d'appartenance : C'est mon opinion, À MOI.) À marquant l'espèce, la qualité, etc. : Canne À sucre. Vache À lait. Pays À pâturages. Homme À systèmes. À marquant la forme, la structure : Clou À crochet. Instrument À cordes. Montre À répétition. À marquant la destination, l'usage : Terre À blé. Marché À la volaille. Moulin À farine. Cuillère À pot. À marquant la possibilité, la convenance, etc. : Tabac À fumer. Chambre À coucher. À indiquant ce qui sert spécialement, ce qui est nécessaire à l'emploi d'une machine, d'un instrument: Arme À feu. Bateau À vapeur. Moulin À vent. À indiquant la manière d'agir, la manière d'être, etc. : Rire À gorge déployée. S'habiller À la mode. À marquant 1'instrument dont on se sert pour faire quelque chose : Pêcher À la ligne. Jouer À la balle. Se battre À l'épée. Dessiner À la plume. À marquant la mesure, le poids, la quantité : Vendre À la livre. Acheter À la douzaine. À marquant le prix, la valeur : Diner À trois francs par tête, emprunter À gros intérêts. À marquant la disposition morale, l'intention : Prendre une affaire À cœur. Faire une chose À regret. À marquant la cause : Se ruiner AU jeu. À marquant l'effet, le résultat : Blesser À mort. Courir À perdre haleine. Danser À ravir. À marquant succession, gradation, etc. : Goutte À goutte Un À un. Brin À brin. Feuille À feuille. À marquant correspondance exacte, proximité, jonction : Suivre quelqu'un pas À pas. Corps À corps. À marquant conformité, convenance : À sa fantaisie. À votre avis. Boire À sa soif. À marquant ce qui fournit une induction, une conjecture, etc. : À l'œuvre on connaît l'artisan. À marquant une sorte de rivalité, de concurrence : Ils dansaient À QUI mieux mieux. Tirons À QUI fera, À QUI jouera le premier. À, suivi d'un infinitif, équivaut très souvent au participe présent du même verbe précédé de EN : On risque à trop parler ce qu'on gagne à se taire. (C. DELAVIGNE.) À, placé entre un substantif et un infinitif, sert fréquemment à indiquer ce qu'il est nécessaire ou convenable de faire : C'est un ouvrage À recommencer. Un homme qui disserte est un homme à noyer. (Neufchâteau.) (Ainsi employé, À désigne aussi ce qui peut être la suite d'un événement, la conséquence d'un fait, etc. : C'est une entreprise À vous faire honneur. C'est un conte À dormir debout.) À, placé après un verbe et devant un infinitif, peut s'expliquer par un mot sous-entendu et signifie DE QUOI : Il n'y a pas À manger. J'ai À vous entretenir.

Logo Larousse (1890) Source Nouveau Larousse illustré (1898-1907)


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